Grenoble souhaite la légalisation du cannabis ?

grenobleLe trafic de drogue et l’insécurité représentent le quotidien des habitants de Grenoble et de son agglomération. Après plusieurs fusillades qui ont eu lieu dans la ville, le procureur de Grenoble, Jean-Yves Coquillat est inquiet: « Je n’ai jamais vu une ville de cette taille aussi pourrie et gangrenée par le trafic de drogue » explique-t-il. Ce n’est pas seulement la ville de Grenoble qui est touchée par cette délinquance mais aussi les communes voisines telles que Echirolles, Fontaine ou Saint-Martin d’Hères, ce qui représente un ensemble de 250 000 habitants. Aucun quartier n’est épargné ce qui amène à une augmentation du nombre de points de vente, une création de bandes et des querelles de bandes qui peuvent parfois dégénérer. Les habitants espèrent une réaction de la part des forces de l’ordre mais Jean-Yves Coquillat reconnait que les moyens policiers et judiciaires ne peuvent pas être augmentés pour faire face à la situation. Pour lui, il est donc indispensable de solliciter les citoyens pour qu’ils puissent dénoncer les trafics. En effet, il est impossible pour les forces de l’ordre de poursuivre quelqu’un sans preuves concrètes. Jean-Yves Coquillat illustre ses paroles avec un exemple concret: « Quand on voit quelqu’un assis sur une chaise dans la rue avec un talkie-walkie, on sait que c’est un guetteur. Pour autant, il n’y a pas d’articles dans le Code pénal qui interdise de s’asseoir dans la rue avec une chaise et un talkie-walkie. » Dans ce cas là, il est donc impossible de faire quoi que ce soit. En conclusion, la réponse à ce phénomène ne peut pas être que policière ou judiciaire, elle doit également être politique et sociétale.1536850_7_ed3e_d-apres-jean-yves-coquillat-procureur-de-la

Elisa Martin, la Première adjointe en charge de la tranquillité publique à la Ville de Grenoble, est également sortie de son silence concernant la sécurité et le trafic de drogue qui hante la ville.

« Le poids des stupéfiants dans la ville nous préoccupe autant qu’il préoccupe les habitants, commence l’élue. Il ne s’agit pas d’un fait grenoblois mais bien d’un phénomène national et même international. Nous trouvons évidemment écho aux propos du procureur mais il s’agit d’avoir un regard lucide sur Grenoble qui est une place du grand banditisme depuis un certain temps maintenant. […]

Nous sommes confrontés à des groupes mafieux à la fois organisés et violents qui n’hésitent pas à happer les adolescents du quartier pour en faire des “guetteurs”. A notre niveau, nous faisons notre part, nous coopérons avec les services de police tout en ayant une politique éducative continue.

Nous n’avons pas hésité à ouvrir des accueils loisirs en direction des ados au cœur des quartiers chauds que ce soit Mistral, Lys Rouge ou Très-Cloîtres parce que nous pensons qu’il faut continuer à garder un échange avec les populations. Le cadre législatif ne fonctionne pas, l’interdiction suscite du désordre. Nous allons donc interpeller les députés pour une réponse législative et poser la question de la légalisation du cannabis.

A partir du mois d’octobre, nous allons lancer une campagne de communication pour sensibiliser les consommateurs de cannabis afin de leur rappeler que lorsqu’ils viennent acheter leur drogue, ils soutiennent un système de terreur et de mise en danger des plus jeunes. Ils n’en ont peut-être pas conscience une fois chez eux, assis confortablement sur le canapé à fumer. Le problème est à la fois d’ordre public mais aussi de santé publique. »

Légaliser le cannabis pour limiter les conflits semble être la solution pour certains mais les réactions au sein des partis politiques de la ville sont plutôt mitigés. Cependant, de nouvelles négociations vont s’ouvrir à la rentrée.

 

 

 

Vous pouvez nous retrouver dans notre magasin au Musée du Fumeur au 7 rue Pache 75011 Paris.

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