Vaporiser du cannabis rajeunirait-il le cerveau ?

Le cannabis est connu par beaucoup de monde pour avoir des effets néfastes sur le cerveau et, notamment sur son développement pour les consommateurs qui n’auraient pas encore terminé leur croissance comme les adolescents ou les jeunes adultes. On peut notamment observer, comme effets négatifs chez les jeunes qui consomment du cannabis, des troubles cognitifs (perte de la mémoire, problèmes de perception) qui persistent après la prise du produit. Ces troubles continuent mêmes après l’arrêt de la consommation de cannabis selon le médecin Jean-François Delot. Ce dernier alerte aussi sur le « syndrome anti-motivationnel » qui peut accompagner des périodes de dépression. Prendre du cannabis c’est aussi prendre le risque de faire ce qui est communément appelé un « bad trip » qui peut entraîner de profondes crises d’angoisses.

Si consommer du cannabis n’est pas recommandé lorsque vous êtes encore en pleine croissance car c’est à ce moment-là que votre cerveau se développe, il en est autre chose lorsque vous vieillissez. Cependant, ce n’est pas la réalité de tout le monde: il faut savoir faire la part des choses. Des enfants peuvent prendre, par exemple, des traitements à base de cannabis sans THC pour des formes sévères d’épilepsie sans problème. Chez les personnes âgées, notamment celles souffrant de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer ou la démence, il se pourrait bien que le cannabis ait de véritables effets positifs sur leur cerveau.

Des chercheurs de l’Université de Bohn en Allemagne et de l’Université hébraïque de Jérusalem en Israël ont mené une étude sur des souris auxquelles ils ont administré un traitement à base de cannabis. Deux groupes étaient testés:

  • le premier composé de souris âgées de douze à dix-huit mois, ce qui est assez vieux pour cet animal. Ces souris vont recevoir le traitement à base de cannabis.
  • un groupe de référence, composé de souris âgées de deux mois, qui ne recevront aucun traitement.

souris laboratoire

L’expérience consiste à traiter les souris âgées avec une faible dose de THC (soit le Δ-9-tétrahydrocannabinol, la substance présente dans le cannabis qui fait planer) et à soumettre ensuite les deux groupes de souris à des tests de mémoire. Les résultats révèlent que les souris les plus âgées, visiblement grâce au traitement qu’elles ont reçu, ont obtenu des résultats similaires voir supérieurs au groupe de référence. Les résultats montrent aussi que le déclin intellectuel des souris âgées, directement lié à leur vieillesse, s’est vu non seulement stoppé mais aussi soigné ! Cependant, les jeunes souris à qui on a fini par injecter du THC ont moins bien réussi les tests que leurs camarades plus âgés.  Le responsable de l’étude, Andreas Zimmer, déclare même « Le traitement a complètement inversé la perte de capacités cérébrales des vieilles souris. (…) C’est comme si le THC avait renversé l’horloge moléculaire ! »

Afin d’attester ces résultats, des tests sont envisagés sur des patients de soixante à soixante-dix ans par un autre médecin de cette étude, le Docteur Andras Bikei-Gorzo. Il s’agit de vérifier si les résultats se confirment chez les êtres humains. Dans le cas où les résultats obtenus seraient concluants, le cannabis pourrait alors être utilisé comme traitement de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer qui est une maladie entrainant la perte progressive et irréversible (jusque là) des capacités mentales. De précédentes recherches menée par l’Université de Bonn (Allemagne) et de l’Université de Mayence (Allemagne) sur des souris ont tenté de démontrer que les récepteurs de cannabis et les voies neuronales entretiennent un lien étroit dans la bonne santé du cerveau. Des tests sur les humains sont prévus afin de connaître l’impact du THC sur le cerveau et ses capacités à le restaurer.

 

Une autre étude qui nous vient du Salk Institute en Californie (Etats-Unis) ont réalisé des tests en tubes (c’est-à-dire in vitro) et ont constaté que le THC, la substance psychoactive du cannabis avait un effet positif sur les plaques amyloïdes impliquées dans l’Alzheimer. Le THC permettrait de diminuer le taux de protéines s’attaquant aux cellules nerveuses et provoquant la dégénérescence des neurones. En effet, il a été observé chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer présentent une accumulation d’une protéine maligne appelée REST ainsi qu’une inflammation des cellules. Le THC pourrait résoudre cela et  ramener le cerveau à son état d’antan. Les travaux des chercheurs doivent toutefois être approfondis afin de valider la pertinence de cette découverte sur des neurones in vitro. Les résultats obtenus sur des rongeurs ont été concluants et, n’ont montré aucun signe de danger quelconque. Des tests sur les êtres humains sont en attente.

alzheimer

D’autres scientifiques de la Fondation pour la Recherche en Neuroscience d’Australie ont découvert qu’un autre cannabinoïde, le cannabidiol (CBD) pouvait aider à lutter contre la maladie d’alzheimer en réduisant les troubles cognitifs induits par cette maladie.

Des tests sur les êtres humains ont pu être faits par des chercheurs de l’Université Radboud de Nimègue (Pays-Bas) sur un échantillon de cinquante patients dans une moyenne d’âge de 78 ans. Dans cet échantillon, les patients sont atteints de démence, dont 68% atteints également de la maladie d’Alzheimer. De plus, ils présentent tous des troubles du comportement liés à leur pathologie. Chacun a reçu, de manière aléatoire, une pilule contenant du THC ou un placebo et ce, pendant trois semaines. Un précédent test, similaire à celui ci,  mené par ces chercheurs avaient été sans résultats: la dose quotidienne de THC était de 3mg, ce qui a été augmenté à 4,5 mg pour cette expérience. Les symptômes des patients ont été évalué avant le test, deux semaines après le début du test et enfin au bout des trois semaines.

Les résultats ont montré que tous les patients ont présenté une réduction de leur symptômes neuropsychiatriques sans qu’aucune différence ne soit notable entre le groupe qui a reçu le THC et celui qui a reçu le placebo. Cela vaut également pour les symptômes de démence, la gravité des troubles du comportement et la qualité de vie, leur capacité à avoir une certaine autonomie. Il est pertinent de noter également que deux tiers du groupe THC a connu au moins un effet secondaire: trois des patients n’ont pas pu terminer l’étude à cause de cela. Il est important d’ajouter que la moitié du groupe placebo a subi des effets secondaires.  Les résultats ont permis de conclure qu’à 4,5mg de THC quotidien, la THC n’avait pas d’effet sur la démence. Cependant, ceux-ci ne se découragent, estimant que la dose utilisée était trop faible et qu’il faudrait d’autres études pour confirmer son efficacité ou son inefficacité.

Les recherches doivent donc être continuées si l’on veut connaître réellement les effets du cannabis sur la dégénérescence des neurones et son rôle dans des maladies comme celle d’Alzheimer. Cependant, les premiers résultats nous laissent entrevoir une fenêtre d’espoir pour tous ceux qui souffrent de maladies neurodégénératives. Le cannabis pourrait être pris sous forme de pilule mais aussi vaporisé par exemple.

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